"HORNI" ne sera pas abattu !
Clark Quinte • 11 mars 2026
Le loup « Horni » dans le Bade-Wurtemberg : entre protection de la faune et inquiétudes locales
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Depuis plusieurs semaines, un loup solitaire observé dans la région de la Hornisgrinde, point culminant du nord de la Forêt-Noire, se trouve au cœur d’un débat particulièrement sensible en Bade-Wurtemberg. Connu sous le surnom de « Horni », ou plus familièrement encore « Grindi », cet animal est devenu l’objet d’une confrontation entre impératifs de protection de la biodiversité et préoccupations liées à la sécurité et à la cohabitation avec les activités humaines.
Le 10 mars, le ministère de l’Environnement du Bade-Wurtemberg a finalement annoncé que l’autorisation exceptionnelle permettant son abattage ne serait pas prolongée. Cette décision met provisoirement fin à une période de tension qui avait suscité une forte mobilisation de l’opinion publique à travers le Land.
Un comportement inhabituel durant la période de rut
L’origine de la controverse réside dans le comportement jugé atypique du loup durant la période de reproduction, appelée Ranzzeit en allemand. Selon les observations réalisées sur le terrain, l’animal s’est approché à plusieurs reprises de zones fréquentées par des promeneurs et des propriétaires de chiens. Dans certains cas, il aurait manifesté un intérêt marqué pour ces derniers, allant jusqu’à réduire la distance avec les humains à quelques mètres.
Bien que ces interactions n’aient pas conduit à des incidents graves, elles ont été jugées préoccupantes par les autorités. Dans ce contexte, le ministère avait accordé une dérogation au strict régime de protection du loup, espèce protégée au niveau européen, afin de permettre un éventuel tir létal si la situation l’exigeait.
Une équipe de chasseurs fut ainsi mobilisée pour tenter de localiser l’animal dans les vastes massifs forestiers de la région. Toutefois, malgré plusieurs semaines de recherche, le loup demeura introuvable. Cette disparition temporaire du paysage local a contribué à réduire le niveau de risque perçu et a finalement conduit à la non-reconduction de l’autorisation d’abattage.
Une mobilisation citoyenne remarquable
Parallèlement aux opérations de terrain, l’affaire a suscité une forte mobilisation de la société civile. De nombreuses organisations de protection de la nature ont dénoncé l’idée d’un abattage, estimant que celui-ci constituait une réponse disproportionnée à un comportement animal qui pouvait s’expliquer par des facteurs biologiques liés à la période de reproduction.
Des dizaines de milliers de signatures ont été recueillies dans des pétitions demandant la protection du loup, tandis que des veillées symboliques ont été organisées dans plusieurs localités du Land. L’association allemande Naturschutzinitiative e.V. a même engagé une procédure judiciaire contre la décision administrative autorisant le tir. Bien que cette action n’ait pas abouti sur le plan juridique, elle témoigne de l’importance croissante que revêt la question du retour des grands prédateurs dans les sociétés européennes contemporaines.
Une décision provisoire
L’annonce du ministère de l’Environnement ne signifie toutefois pas que la question est définitivement réglée. La ministre Thekla Walker a souligné que la situation demeurait sous surveillance et qu’une évolution du comportement du loup pourrait conduire à de nouvelles mesures.
En particulier, les autorités redoutent que le phénomène observé pendant la dernière période de reproduction puisse se reproduire à l’avenir. Si l’animal devait à nouveau manifester une proximité inhabituelle avec l’homme, la possibilité d’une nouvelle autorisation de tir pourrait être envisagée.
Vers des stratégies de « vergrämung »
Dans l’immédiat, les services scientifiques du Land, notamment la Forstliche Versuchs- und Forschungsanstalt Baden-Württemberg (FVA), travaillent à l’élaboration de stratégies de « vergrämung », c’est-à-dire de méthodes visant à effaroucher et à repousser les animaux sauvages sans leur porter atteinte.
Ces techniques reposent sur l’utilisation de stimuli dissuasifs – bruit, signaux lumineux ou projectiles non létaux – afin de renforcer chez l’animal une crainte durable de l’être humain. L’objectif est de rétablir une distance comportementale normale entre les loups et les zones habitées.
La responsabilité des habitants
Les autorités régionales rappellent également que la cohabitation avec la faune sauvage nécessite la coopération des populations locales. Il est notamment recommandé de ne pas chercher à provoquer des rencontres avec le loup, de tenir les chiens en laisse dans les zones concernées et de signaler toute observation aux services compétents.
Selon le ministère, seul un suivi scientifique précis et continu permettra d’évaluer l’efficacité des mesures envisagées et d’adapter la gestion de l’espèce dans un contexte où sa présence en Allemagne tend progressivement à se renforcer.
Un symbole des défis contemporains de la conservation
L’affaire du loup « Horni » illustre finalement un phénomène plus large : le retour progressif des grands carnivores en Europe centrale après plusieurs siècles d’absence. Si ce retour est généralement considéré comme un succès de la politique de conservation de la nature, il pose également de nouveaux défis en matière de gestion des territoires ruraux, d’élevage et de sécurité.
Entre protection de la biodiversité et préoccupations locales, la présence du loup dans les paysages du Bade-Wurtemberg demeure ainsi un sujet complexe, révélateur des tensions et des équilibres que doivent aujourd’hui trouver les sociétés européennes dans leur relation avec la nature sauvage.

À Breisach am Rhein, le festival « Pinot and Rock » incarnait, depuis sa création en 2024, une tentative singulière de redéfinir l’expérience festivalière en Allemagne du Sud-Ouest. Installé dans le Fritz-Schanno-Park, cet événement associait musique rock internationale, gastronomie d’exception et valorisation du terroir viticole régional. Dès sa première édition, le festival s’était distingué par une programmation prestigieuse, avec notamment Scorpions et Alice Cooper en têtes d’affiche. Cependant, derrière cette ambition culturelle et économique, des fragilités structurelles sont rapidement apparues. L’édition 2025 s’est soldée par un déficit significatif, notamment en raison d’une fréquentation inférieure aux attentes (30 000 billets vendus contre 40 000 espérés). Ce déséquilibre économique a conduit les organisateurs à annoncer une pause stratégique pour 2026, officiellement justifiée par la concurrence de la Coupe du monde de football. Toutefois, les déclarations récentes du maire Oliver Rein laissent entrevoir une prolongation de cette interruption jusqu’en 2027. Cette perspective soulève des interrogations quant à la viabilité à long terme du projet. Le modèle hybride du festival — combinant musique, gastronomie haut de gamme et expérience œnologique — repose en effet sur un équilibre financier délicat, fortement dépendant de partenaires privés et de sponsors. Le rôle central de Fritz Keller, initiateur du projet, demeure déterminant. Ce dernier affirme poursuivre les recherches de financement tout en reconnaissant que les délais de préparation rendent improbable une édition en 2027. Au-delà du cas particulier de « Pinot and Rock », cette situation illustre les défis contemporains auxquels sont confrontés les festivals culturels : concurrence accrue des grands événements sportifs, inflation des coûts artistiques et logistiques, et dépendance croissante aux financements privés. Ainsi, l’avenir du festival reste incertain. Entre pause prolongée et possible disparition, « Pinot and Rock » symbolise à la fois l’innovation culturelle régionale et la fragilité économique des grands événements hybrides.

En raison de travaux à Bad Krozingen, aucun train ne circulera entre Freiburg et Müllheim ce week-end. Des bus de remplacement assureront la liaison toutes les 30 minutes. Les voyageurs longue distance sont également concernés. Suite à des travaux urgents sur les lignes aériennes à Bad Krozingen, la ligne ferroviaire de la vallée du Rhin sera entièrement fermée entre Müllheim et Freiburg du samedi 25 avril à 14h jusqu’au dimanche 26 avril à 14h, soit 24 heures. C’est ce qu’indique DB InfraGO dans un communiqué. Pendant cette interruption, tous les trains régionaux seront remplacés par des bus circulant toutes les 30 minutes, avec plusieurs arrêts de substitution : Freiburg (Breisgau) gare routière centrale, Ebringen B3, Schallstadt gare, Bad Krozingen gare routière et Müllheim gare. Des bus avec arrêts intermédiaires ainsi que des bus directs seront disponibles. Ils pourront être utilisés avec des billets régionaux ou longue distance. Un train navette longue distance circulera également entre Müllheim et Bâle CFF, accessible uniquement avec des billets longue distance. À Freiburg, les bus directs partent de la gare routière centrale (quais 12 et 13), tandis que les bus avec arrêts intermédiaires partent des quais 1 et 2. Pas de trains longue distance entre Freiburg et Bâle Tous les trains ICE, ECE et IC sont supprimés entre Freiburg et Bâle. Les trains en provenance de Suisse commencent et terminent à Bâle CFF. Ceux venant de Karlsruhe terminent soit à Karlsruhe, soit à Freiburg. Les voyageurs en provenance de Suisse doivent rejoindre Müllheim en train, puis prendre les bus de remplacement vers Freiburg. Dans l’autre sens, il faut prendre le bus jusqu’à Müllheim, puis le train vers la Suisse. Les trains de nuit Nightjet sont déviés et ne desservent plus Freiburg, Bâle CFF ni Bâle Bad Bf. La compagnie recommande aux voyageurs de vérifier leurs trajets à l’avance sur le site Deutsche Bahn ou via l’application DB Navigator et de prévoir plus de temps.

À Müllheim im Markgräflerland, l’évolution du tissu économique local s’inscrit dans une dynamique de transformation progressive des espaces industriels. Le projet porté par l’investisseur Panattoni, visant la construction d’un complexe de trois halls sur plus de 28 000 m², constitue à cet égard une étape structurante dans l’aménagement de la zone située à l’est de la voie ferrée. Ce futur ensemble, pensé pour accueillir des activités de production, de stockage et de logistique, s’inscrit dans une logique d’optimisation foncière d’un site déjà marqué par des usages industriels successifs. La requalification d’une ancienne halle de production, vouée à la démolition, témoigne d’un renouvellement des fonctions économiques du territoire, au croisement entre industrie traditionnelle et logistique contemporaine. Toutefois, ce projet soulève plusieurs enjeux majeurs. Sur le plan urbanistique, les adaptations demandées – notamment en matière d’accès et de végétalisation – traduisent une volonté d’intégration du projet dans son environnement immédiat. Sur le plan environnemental, la présence d’une installation photovoltaïque importante pose la question de la capacité du réseau à absorber cette production. Mais c’est surtout la question de l’impact socio-économique et des mobilités qui alimente le débat. L’hypothèse d’une implantation logistique à faible intensité d’emploi interroge la stratégie de développement local, tandis que les prévisions de trafic poids lourds suscitent des inquiétudes quant à la fluidité de la circulation à proximité de la B3. En filigrane, ce projet illustre les tensions contemporaines entre attractivité économique, qualité de vie et durabilité territoriale. La suite de la procédure – notamment les études de trafic et les autorisations techniques – sera déterminante pour évaluer la pertinence et l’acceptabilité de cette implantation à Müllheim.

Achetz votre carte de saison à la caisse de la piscine aux dates suivantes : 🗓️ Mercredi 15.04 | 8h – 13h 🗓️ Samedi 18.04 | 10h – 15h 🗓️ Mardi 21.04 | 14h – 19h ⚠️ Lors de la prévente, seules les cartes de saison sont disponibles – pas de billets à l’unité, cartes multiples ou bons cadeaux. À apporter : • ancienne carte de saison (si disponible) • photo d’identité récente • pièce d’identité valide • formulaire rempli (sur place ou en ligne) 👨👩👧 Cartes familiales : possibles pour les couples avec au moins un enfant de moins de 18 ans vivant dans le même foyer. 🎓 Tarif réduit : personnes en situation de handicap (≥ 50 %), élèves dès 16 ans, étudiants, apprentis, volontaires (sur présentation d’un justificatif). 👧 Moins de 16 ans : bénéficient d’un tarif réduit en prévente.

Le dimanche 19 avril, la ville de Müllheim accueillera la 36e édition de son emblématique Autoschau, associée à un dimanche d’ouverture des commerces. Cet événement, devenu au fil des années un pilier du calendrier local, illustre la vitalité économique et sociale du Markgräflerland, tout en renforçant l’attractivité du centre-ville. Pendant cinq heures, de 12h à 17h, le cœur urbain se transformera en un espace hybride mêlant exposition automobile, animation commerciale et lieu de sociabilité. Les axes principaux — Werderstraße, Wilhelmstraße, Hauptstraße et Am Lindle — accueilleront une large présentation des dernières innovations du secteur automobile. Au-delà de la simple exposition, la manifestation s’inscrit dans une dynamique de médiation entre professionnels et grand public. Véhicules électriques, modèles hybrides, technologies embarquées et systèmes d’assistance à la conduite témoignent des mutations profondes de l’industrie automobile contemporaine, notamment en matière de transition énergétique et de digitalisation. Comme le souligne Dirk Dölker, président du Gewerbeverein Müllheim, l’événement dépasse largement sa dimension commerciale : il constitue un vecteur de lien social, favorisant les interactions entre habitants, visiteurs et acteurs économiques. En parallèle, l’ouverture exceptionnelle de plus de 40 commerces renforce l’attractivité du centre-ville. Cette synergie entre commerce de proximité et événementiel participe à la redynamisation des espaces urbains et encourage une consommation locale. Enfin, la dimension conviviale reste essentielle : cafés, restaurants, vins régionaux et stands associatifs viennent compléter l’expérience, faisant de cette journée un véritable moment de partage intergénérationnel.

Depuis quelques mois, un phénomène inhabituel suscite l’attention des riverains et des promeneurs le long des berges du Rhin, entre Neuenburg am Rhein et Chalampé. Plusieurs observations concordantes font état de formations singulières dans les sols humides : des cavités régulières, parfois interconnectées, accompagnées de légers affaissements du terrain. Dans un premier temps, ces manifestations ont été attribuées à des causes classiques, telles que l’activité de petits mammifères fouisseurs ou des processus naturels d’érosion. Toutefois, la répétition des signalements et certaines caractéristiques atypiques des structures observées ont conduit à envisager des hypothèses plus inhabituelles. 🌍 Des comportements comparables dans le monde animal Si l’idée d’un poisson capable d’interagir avec le substrat terrestre peut surprendre, elle s’inscrit néanmoins dans un ensemble de comportements bien documentés en biologie. Dans les zones tropicales et subtropicales, plusieurs espèces de poissons amphibies présentent des capacités d’adaptation remarquables. Les périophtalmes, notamment, sont connus pour leur aptitude à évoluer hors de l’eau pendant des périodes prolongées. Ces poissons sont capables de se déplacer sur des substrats meubles et de creuser des terriers dans la vase, qu’ils utilisent comme refuges ou pour la reproduction. Ces structures, parfois complexes, comportent des galeries et des chambres permettant la circulation de l’air, assurant ainsi l’oxygénation des œufs. Ce type de comportement, longtemps considéré comme exceptionnel, témoigne de la plasticité écologique de certaines espèces aquatiques. Par ailleurs, d’autres poissons, tels que certaines espèces africaines de poissons pulmonés ou encore la perche grimpeuse asiatique, présentent des capacités d’enfouissement temporaire dans des substrats humides, notamment en période de stress environnemental. Ces stratégies leur permettent de survivre à des conditions défavorables, notamment lors de la baisse du niveau des eaux. 🌊 Le Rhin, un milieu en transformation Le Rhin supérieur, et en particulier ses abords dans la région de Neuenburg, connaît depuis plusieurs années des évolutions notables liées aux dynamiques climatiques et hydrologiques. Les variations de débit, les épisodes de sécheresse et les aménagements des berges modifient progressivement les conditions écologiques locales. Ces transformations peuvent, dans certains cas, favoriser l’émergence de comportements adaptatifs chez les espèces aquatiques, notamment dans les zones de transition entre milieu aquatique et substrat terrestre. Les berges humides, riches en sédiments fins, constituent ainsi des environnements propices à l’apparition de stratégies inédites d’occupation de l’espace. 🧪 Une hypothèse émergente : une interaction inédite avec le substrat Dans ce contexte, certains observateurs évoquent la possibilité d’un phénomène impliquant une espèce aquatique capable d’interagir activement avec les sols des berges. Les cavités observées pourraient correspondre à des structures temporaires utilisées comme refuges ou zones de transition. Sans qu’il soit possible, à ce stade, d’identifier formellement une espèce, l’hypothèse d’un comportement analogue à celui des poissons fouisseurs observés dans d’autres régions du monde est évoquée. Une telle situation supposerait soit la présence d’une espèce discrète jusqu’alors peu documentée, soit une adaptation comportementale récente. 👀 Des témoignages à considérer avec prudence Plusieurs témoignages locaux mentionnent des observations visuelles fugaces : des mouvements dans les sols humides, voire des reflets argentés disparaissant rapidement dans les cavités. Si ces éléments restent difficilement vérifiables, leur récurrence contribue à alimenter l’intérêt pour ce phénomène. Toutefois, en l’absence de données empiriques consolidées, ces observations doivent être abordées avec la prudence nécessaire à toute démarche scientifique. ⚠️ Absence de risque identifié à ce stade Aucune alerte particulière n’a été émise par les autorités locales. Les phénomènes observés ne présentent, à ce jour, aucun danger identifié pour la population. Il est néanmoins recommandé d’éviter les zones de berges instables, indépendamment de l’origine des cavités constatées. 🤔 Entre hypothèse scientifique et perception collective “Il est envisageable que certaines espèces aquatiques développent des comportements de refuge temporaire dans les substrats humides lorsque les conditions hydriques deviennent instables.” — Institut européen d’écologie fluviale (IEEF), rapport exploratoire 2024 L’hypothèse des “poissons-taupes du Rhin”, si elle demeure à ce stade spéculative, s’inscrit dans une réflexion plus large sur les capacités d’adaptation du vivant face aux mutations environnementales. Comme le souligne une étude exploratoire menée en 2024 par un institut européen spécialisé en écologie fluviale, « les milieux en transition rapide peuvent favoriser l’apparition de comportements atypiques, parfois observés avant même d’être pleinement compris ». Dans ce contexte, les observations réalisées à Neuenburg invitent à une double lecture : celle d’un phénomène naturel encore inexpliqué, mais aussi celle d’une construction collective nourrie par la curiosité et l’imaginaire. Le Rhin, fleuve historique et structurant de la région, continue ainsi de susciter interrogations et fascination — rappelant que, même dans des environnements largement étudiés, certains mystères demeurent.

Chaque année, le 28 mars marque une célébration singulière mais révélatrice : la Journée internationale du gâteau Forêt-Noire. Derrière cet événement, à première vue anecdotique, se cache en réalité un phénomène culturel et gastronomique d’ampleur mondiale. Originaire de la région du Schwarzwald en Allemagne, la Schwarzwälder Kirschtorte incarne un savoir-faire pâtissier profondément enraciné dans l’identité régionale. Composée de génoise au cacao, de crème chantilly, de cerises et de kirsch, elle synthétise à elle seule plusieurs éléments caractéristiques du terroir local. Fait intéressant, cette journée n’est pas née en Allemagne mais aux États-Unis, où elle a été instituée sous le nom de « National Black Forest Cake Day ». Ce déplacement de l’origine de la célébration illustre parfaitement le processus de mondialisation culinaire : un produit local devient un symbole universel, réinterprété et adopté bien au-delà de ses frontières d’origine. Aujourd’hui, la Schwarzwälder Kirschtorte est reconnue sur tous les continents. Elle constitue un véritable « ambassadeur gastronomique » du Schwarzwald, au même titre que d’autres symboles régionaux comme le Bollenhut ou les célèbres horloges à coucou. Les pâtisseries, en Allemagne comme à l’international, participent activement à cette dynamique en proposant des variations modernes de la recette traditionnelle, contribuant ainsi à la vitalité et à la pérennité de ce patrimoine culinaire. La consécration ultime est intervenue en 2024 lorsque le New York Times a désigné ce dessert comme le meilleur au monde. Une reconnaissance qui confirme son statut d’icône gastronomique globale. Ainsi, la Journée du gâteau Forêt-Noire dépasse largement le simple cadre festif : elle témoigne de la capacité d’un produit régional à devenir un marqueur culturel universel, tout en conservant son identité originelle.

Général de la Brigade franco-allemande : « Je pense toujours à l’ensemble » Le général de brigade François-Xavier Elias donne un aperçu du fonctionnement interne de la Brigade franco-allemande. Un entretien sur le renouvellement des générations au sein des forces et sur leur mission en cas de crise. BZ : Monsieur Elias, vous êtes commandant de la Brigade franco-allemande depuis septembre 2025. Quel est votre lien personnel avec l’Allemagne ? Au départ, je n’avais aucune relation particulière avec l’Allemagne. Mais lorsque j’étais jeune capitaine, j’ai été affecté à un poste à Donaueschingen. Je me suis alors dit : je suis maintenant en Allemagne, donc en tant qu’officier français, je dois apprendre l’allemand. Je dois dire : cela a été douloureux (rires). Mais plus sérieusement, je vis en France et je m’intéresse à l’histoire militaire. La France est un pays européen dont les grands voisins sont l’Allemagne, mais aussi l’Italie et l’Espagne. Je voulais mieux comprendre et connaître l’Allemagne. Pour des raisons professionnelles et culturelles, je m’intéresse beaucoup aux relations entre les deux pays. Dans mon rôle de commandant de brigade, je peux peut-être, à mon échelle, contribuer à les améliorer encore. BZ : La coopération franco-allemande est marquée par des expériences très différentes selon les générations. Qu’observez-vous dans votre unité ? Les plus anciens, qui étaient peut-être encore sceptiques face au rapprochement entre les deux pays, ne sont plus là depuis longtemps. Depuis environ 20 ans, il existe des officiers allemands qui effectuent leur formation d’officier en France, et des officiers français qui font l’inverse en Allemagne. Dans la Brigade d’aujourd’hui, servent de très nombreux jeunes soldats. Pour cette génération – et cela vaut aussi pour la mienne, je suis né en 1974 – l’amitié entre la France et l’Allemagne est désormais totalement normale et naturelle. BZ : Quelle est la popularité de la Brigade franco-allemande en France ? Les soldats français souhaitent-ils consciemment y servir ? Oui, certains, parce qu’ils parlent allemand et veulent découvrir cette unité particulière. D’autres veulent simplement être soldats. Mais lorsqu’ils découvrent les missions, les engagements et les possibilités d’entraînement offertes par la Brigade franco-allemande, cela devient certainement attractif pour beaucoup. BZ : Votre adjoint est un officier allemand – le colonel Heiko Bohnsack. Pouvez-vous décrire comment se déroule la coopération à Müllheim ? Très simplement et sans complication. Nous sommes des militaires de carrière expérimentés et nous sommes devenus amis. Lorsque nous sommes ensemble, nous parlons tous les deux français. Un détail amusant : lorsque nous recevons ensemble des invités allemands, il continue souvent à parler en français – à la surprise générale. Bien sûr, il existe encore des domaines qui restent organisés au niveau national – comme la gestion des recrues ou les questions de personnel. Mais presque toutes les grandes réunions se font ensemble, généralement en anglais. Nous partageons presque tout et nous voulons mieux comprendre les deux systèmes. À la fin, il y a un commandant – actuellement, c’est un Français. Avant, c’était un Allemand. Mais cela ne change pas grand-chose. Quand je pense à la Brigade, je ne vois pas des Allemands ou des Français. Je pense toujours à l’ensemble. BZ : Face à la menace venant de Russie, l’Allemagne va prochainement être présente durablement en Lituanie avec une brigade de combat. Votre unité devrait également y contribuer. À quoi vous préparez-vous ? La Brigade franco-allemande est rattachée, dans le cadre de l’OTAN, au corps multinational Nord-Est basé à Szczecin, qui est responsable des zones d’intervention en Estonie, en Lituanie, en Lettonie et en Pologne. Nous y jouons un rôle important. Nous sommes déjà pleinement intégrés dans les scénarios d’entraînement et de planification correspondants. BZ : Quelles capacités concrètes la Brigade franco-allemande peut-elle fournir ? La Brigade est parfaitement capable de remplir à la fois des missions de soutien et des missions de combat. Pour nous, cela fait désormais partie du quotidien de maîtriser ces domaines et de continuer à nous améliorer. Nos forces peuvent être déployées rapidement et facilement. Nous sommes aptes au combat, nous disposons de véhicules blindés à roues, d’infanterie ainsi que de capacités de soutien, notamment dans le domaine du génie ou de l’artillerie. Nous couvrons donc presque l’ensemble des capacités, ce qui peut être très précieux en cas de crise. BZ : Comment la guerre en Ukraine a-t-elle modifié l’état d’esprit des soldats ? Cette guerre a profondément changé beaucoup de choses ; la menace venant de Russie existe bel et bien. Lorsque nous nous entraînons, nous essayons d’être encore plus précis et meilleurs. Les deux nations ont donc besoin de davantage de ressources, notamment pour se préparer plus intensivement aux différents scénarios possibles. Tout le monde a désormais compris que la paix en Europe n’est pas gratuite. Lorsque nous organisons aujourd’hui un exercice – comme c’est actuellement le cas au centre d’entraînement au combat de la Bundeswehr à Gardelegen, en Saxe-Anhalt – cela a une importance plus grande pour tous les participants qu’auparavant. BZ : Votre Brigade est également impliquée dans la formation de soldats ukrainiens… La formation des troupes ukrainiennes a pour nous une très grande importance. Cela a des répercussions importantes sur la Brigade – sur le développement de nos capacités et sur nos missions. Un vétéran ukrainien qui a combattu pendant trois ans au front apporte beaucoup de connaissances et d’expérience – par exemple sur les évolutions liées à l’utilisation des drones. En retour, nous pouvons également apporter une contribution importante à l’Ukraine. Cette mission de formation est donc une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties. Lorsque nous formons des troupes ukrainiennes, nous nous formons aussi nous-mêmes. Cela ne concerne pas seulement l’armée allemande ou française, mais tous les partenaires européens de l’OTAN. François-Xavier Elias est commandant de la Brigade franco-allemande depuis septembre 2025. Il a notamment été déployé au Kosovo, en Afghanistan, au Tchad et au Mali. Plus récemment, cet officier de 51 ans dirigeait l’organisation de liaison de l’armée de terre en Allemagne, auprès du commandement de l’armée de terre à Strausberg. Article du Badische Zeitung : https://www.badische-zeitung.de/general-der-deutsch-franzoesischen-brigade-ich-denke-immer-an-das-grosse-ganze NDLR : Cet entretien montre une évolution importante : la Brigade franco-allemande n’est plus seulement un symbole de l’amitié entre la France et l’Allemagne. Elle est aujourd’hui une unité pleinement opérationnelle, intégrée aux missions de l’OTAN et capable d’intervenir rapidement en cas de crise. Le général François-Xavier Elias insiste sur un point essentiel : la coopération entre les deux pays est devenue naturelle pour les nouvelles générations de soldats. À Müllheim, cette collaboration se vit au quotidien, simplement et efficacement. Mais le contexte a changé. La guerre en Ukraine rappelle que la sécurité en Europe n’est plus acquise. Les armées doivent s’adapter, s’entraîner davantage et se préparer à des scénarios plus exigeants. Dans ce cadre, la Brigade franco-allemande apparaît comme un modèle : à la fois symbole historique de réconciliation et outil concret de défense européenne. A Müllheim, la coopération franco-allemande ne relève plus seulement de l’histoire… elle s’inscrit pleinement dans les enjeux stratégiques d’aujourd’hui et de demain.

À l’aube de sa nouvelle saison, Europa-Park confirme son statut de locomotive touristique européenne en inaugurant un 18ᵉ quartier thématique dédié à Monaco. Ce choix, loin d’être anodin, s’inscrit dans une stratégie d’optimisation spatiale et de valorisation d’imaginaires culturels à forte densité symbolique. Le nouvel espace, intégré sous la mythique montagne russe Silver Star, illustre une approche contemporaine de l’aménagement : densification intelligente plutôt qu’expansion horizontale. En réutilisant des structures existantes, le parc adopte une logique quasi-urbaine d’optimisation foncière. Le thème monégasque repose sur une triple dimension : prestige, spectacle et technologie. L’exposition de véhicules issus de la collection du prince Albert II, associée à un océanarium virtuel, traduit une hybridation entre patrimoine réel et expérience immersive numérique. Parallèlement, l’ouverture de Sally’s Café marque l’intégration croissante de figures issues de la culture digitale dans les espaces physiques du parc. Cette hybridation entre influence numérique et expérience touristique témoigne d’une mutation des modèles économiques du divertissement. Mais c’est surtout la transformation du quartier russe qui révèle une inflexion stratégique majeure. La disparition de l’Euro-Mir, attraction emblématique, au profit d’un espace spatial en collaboration avec l’ESA (2028), traduit un repositionnement symbolique et géopolitique. Le passage d’un référentiel national à un imaginaire scientifique et européen illustre une volonté d’inscription dans une identité transnationale. Enfin, avec plus de 7 millions de visiteurs, Europa-Park atteint un seuil critique de fréquentation qui questionne ses capacités d’accueil. L’éventualité d’une ouverture hivernale élargie et l’exploration de nouvelles zones témoignent d’une dynamique d’expansion continue. Europa-Park ne se contente plus d’être un parc d’attractions : il devient un laboratoire territorial du tourisme européen contemporain.

Chaque année, avec le retour des températures plus douces, un phénomène discret mais essentiel se déroule dans les paysages du sud du Bade : la migration des amphibiens. Dans le district de Breisgau-Hochschwarzwald, cette période marque un moment critique pour des espèces déjà fortement fragilisées. Dès que les nuits dépassent les cinq degrés et que les pluies printanières s’installent, grenouilles, crapauds, tritons et salamandres quittent leurs refuges hivernaux. Leur objectif : rejoindre leurs lieux de reproduction ancestraux. Mais entre ces deux mondes, un obstacle majeur s’impose : le réseau routier. Les routes, omniprésentes dans ces territoires semi-ruraux, constituent aujourd’hui l’un des principaux facteurs de mortalité. Au-delà du risque d’écrasement, un élément souvent méconnu accentue encore la menace : l’onde de pression générée par les véhicules rapides, capable d’être fatale même sans contact direct. Le constat écologique est préoccupant. En l’espace d’une décennie, certaines populations d’amphibiens ont diminué de près de 60 %. La destruction des habitats, la fragmentation du territoire et les effets du changement climatique contribuent à ce déclin accéléré. Face à cette situation, un réseau de bénévoles s’engage activement. Chaque nuit, ils installent des dispositifs de protection, collectent les animaux et les aident à franchir les routes en toute sécurité. Leur action, essentielle, souligne l’importance d’une mobilisation collective. Les autorités locales ont ainsi mis en place une signalisation spécifique sur plusieurs axes, notamment autour de Müllheim, Britzingen, Badenweiler ou encore Buggingen. Ces mesures temporaires, valables jusqu’au 30 avril, visent à sensibiliser les automobilistes et à réduire la vitesse dans les zones à risque. Au-delà de la contrainte, cette initiative rappelle une réalité fondamentale : la coexistence entre infrastructures humaines et biodiversité nécessite adaptation et responsabilité. Chaque geste compte, et parfois, lever le pied peut sauver une vie.
