Interview du général commandant la BFA accordée au BZ !
Franck Farmer • 26 mars 2026
La BFA : bien plus qu´un symbole de paix !
Général de la Brigade franco-allemande : « Je pense toujours à l’ensemble »
Le général de brigade François-Xavier Elias donne un aperçu du fonctionnement interne de la Brigade franco-allemande. Un entretien sur le renouvellement des générations au sein des forces et sur leur mission en cas de crise.
BZ : Monsieur Elias, vous êtes commandant de la Brigade franco-allemande depuis septembre 2025. Quel est votre lien personnel avec l’Allemagne ?
Au départ, je n’avais aucune relation particulière avec l’Allemagne. Mais lorsque j’étais jeune capitaine, j’ai été affecté à un poste à Donaueschingen. Je me suis alors dit : je suis maintenant en Allemagne, donc en tant qu’officier français, je dois apprendre l’allemand. Je dois dire : cela a été douloureux (rires). Mais plus sérieusement, je vis en France et je m’intéresse à l’histoire militaire. La France est un pays européen dont les grands voisins sont l’Allemagne, mais aussi l’Italie et l’Espagne. Je voulais mieux comprendre et connaître l’Allemagne. Pour des raisons professionnelles et culturelles, je m’intéresse beaucoup aux relations entre les deux pays. Dans mon rôle de commandant de brigade, je peux peut-être, à mon échelle, contribuer à les améliorer encore.
BZ : La coopération franco-allemande est marquée par des expériences très différentes selon les générations. Qu’observez-vous dans votre unité ?
Les plus anciens, qui étaient peut-être encore sceptiques face au rapprochement entre les deux pays, ne sont plus là depuis longtemps. Depuis environ 20 ans, il existe des officiers allemands qui effectuent leur formation d’officier en France, et des officiers français qui font l’inverse en Allemagne. Dans la Brigade d’aujourd’hui, servent de très nombreux jeunes soldats. Pour cette génération – et cela vaut aussi pour la mienne, je suis né en 1974 – l’amitié entre la France et l’Allemagne est désormais totalement normale et naturelle.
BZ : Quelle est la popularité de la Brigade franco-allemande en France ? Les soldats français souhaitent-ils consciemment y servir ?
Oui, certains, parce qu’ils parlent allemand et veulent découvrir cette unité particulière. D’autres veulent simplement être soldats. Mais lorsqu’ils découvrent les missions, les engagements et les possibilités d’entraînement offertes par la Brigade franco-allemande, cela devient certainement attractif pour beaucoup.
BZ : Votre adjoint est un officier allemand – le colonel Heiko Bohnsack. Pouvez-vous décrire comment se déroule la coopération à Müllheim ?
Très simplement et sans complication. Nous sommes des militaires de carrière expérimentés et nous sommes devenus amis. Lorsque nous sommes ensemble, nous parlons tous les deux français. Un détail amusant : lorsque nous recevons ensemble des invités allemands, il continue souvent à parler en français – à la surprise générale. Bien sûr, il existe encore des domaines qui restent organisés au niveau national – comme la gestion des recrues ou les questions de personnel. Mais presque toutes les grandes réunions se font ensemble, généralement en anglais. Nous partageons presque tout et nous voulons mieux comprendre les deux systèmes. À la fin, il y a un commandant – actuellement, c’est un Français. Avant, c’était un Allemand. Mais cela ne change pas grand-chose. Quand je pense à la Brigade, je ne vois pas des Allemands ou des Français. Je pense toujours à l’ensemble.
BZ : Face à la menace venant de Russie, l’Allemagne va prochainement être présente durablement en Lituanie avec une brigade de combat. Votre unité devrait également y contribuer. À quoi vous préparez-vous ?
La Brigade franco-allemande est rattachée, dans le cadre de l’OTAN, au corps multinational Nord-Est basé à Szczecin, qui est responsable des zones d’intervention en Estonie, en Lituanie, en Lettonie et en Pologne. Nous y jouons un rôle important. Nous sommes déjà pleinement intégrés dans les scénarios d’entraînement et de planification correspondants.
BZ : Quelles capacités concrètes la Brigade franco-allemande peut-elle fournir ?
La Brigade est parfaitement capable de remplir à la fois des missions de soutien et des missions de combat. Pour nous, cela fait désormais partie du quotidien de maîtriser ces domaines et de continuer à nous améliorer. Nos forces peuvent être déployées rapidement et facilement. Nous sommes aptes au combat, nous disposons de véhicules blindés à roues, d’infanterie ainsi que de capacités de soutien, notamment dans le domaine du génie ou de l’artillerie. Nous couvrons donc presque l’ensemble des capacités, ce qui peut être très précieux en cas de crise.
BZ : Comment la guerre en Ukraine a-t-elle modifié l’état d’esprit des soldats ?
Cette guerre a profondément changé beaucoup de choses ; la menace venant de Russie existe bel et bien. Lorsque nous nous entraînons, nous essayons d’être encore plus précis et meilleurs. Les deux nations ont donc besoin de davantage de ressources, notamment pour se préparer plus intensivement aux différents scénarios possibles. Tout le monde a désormais compris que la paix en Europe n’est pas gratuite. Lorsque nous organisons aujourd’hui un exercice – comme c’est actuellement le cas au centre d’entraînement au combat de la Bundeswehr à Gardelegen, en Saxe-Anhalt – cela a une importance plus grande pour tous les participants qu’auparavant.
BZ : Votre Brigade est également impliquée dans la formation de soldats ukrainiens…
La formation des troupes ukrainiennes a pour nous une très grande importance. Cela a des répercussions importantes sur la Brigade – sur le développement de nos capacités et sur nos missions. Un vétéran ukrainien qui a combattu pendant trois ans au front apporte beaucoup de connaissances et d’expérience – par exemple sur les évolutions liées à l’utilisation des drones. En retour, nous pouvons également apporter une contribution importante à l’Ukraine. Cette mission de formation est donc une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties. Lorsque nous formons des troupes ukrainiennes, nous nous formons aussi nous-mêmes. Cela ne concerne pas seulement l’armée allemande ou française, mais tous les partenaires européens de l’OTAN.
François-Xavier Elias est commandant de la Brigade franco-allemande depuis septembre 2025. Il a notamment été déployé au Kosovo, en Afghanistan, au Tchad et au Mali. Plus récemment, cet officier de 51 ans dirigeait l’organisation de liaison de l’armée de terre en Allemagne, auprès du commandement de l’armée de terre à Strausberg.
Article du Badische Zeitung : https://www.badische-zeitung.de/general-der-deutsch-franzoesischen-brigade-ich-denke-immer-an-das-grosse-ganze
NDLR :
Cet entretien montre une évolution importante : la Brigade franco-allemande n’est plus seulement un symbole de l’amitié entre la France et l’Allemagne. Elle est aujourd’hui une unité pleinement opérationnelle, intégrée aux missions de l’OTAN et capable d’intervenir rapidement en cas de crise.
Le général François-Xavier Elias insiste sur un point essentiel : la coopération entre les deux pays est devenue naturelle pour les nouvelles générations de soldats. À Müllheim, cette collaboration se vit au quotidien, simplement et efficacement.
Mais le contexte a changé. La guerre en Ukraine rappelle que la sécurité en Europe n’est plus acquise. Les armées doivent s’adapter, s’entraîner davantage et se préparer à des scénarios plus exigeants.
Dans ce cadre, la Brigade franco-allemande apparaît comme un modèle : à la fois symbole historique de réconciliation et outil concret de défense européenne.
A Müllheim, la coopération franco-allemande ne relève plus seulement de l’histoire… elle s’inscrit pleinement dans les enjeux stratégiques d’aujourd’hui et de demain.

Le vendredi 26 juin 2026, Bâle donnera le coup d’envoi de l’été musical avec la 17e édition du Summerblues Basel , aussi appelé en dialecte bâlois « s Glaibasler Bluesfescht » . Pendant toute une soirée, le Petit-Bâle se transformera en immense scène à ciel ouvert, entre places, ruelles, terrasses et bords du Rhin.

Et si vous découvriez les vignobles de Müllheim autrement ? Entre paysages de carte postale, spécialités régionales et dégustation de vins, l’événement « Picknick & Wein in den Reben » invite habitants et visiteurs à vivre une soirée placée sous le signe de la convivialité et de l’art de vivre du Markgräflerland.

De la mi-juin au mois de juillet, les vers luisants réapparaissent dans plusieurs régions du Bade-Wurtemberg. Ce phénomène saisonnier, souvent discret, constitue pourtant l’un des spectacles naturels les plus singuliers des soirées d’été. Leur présence dépend toutefois de conditions précises : obscurité suffisante, météo favorable, milieux naturels préservés et patience de l’observateur.







