Ligne ferroviaire Freiburg–Colmar : des coûts en baisse, mais un projet toujours retardé
This is a subtitle for your neLe projet de réouverture de la liaison ferroviaire entre Freiburg et Colmar vient de franchir une nouvelle étape… sans pour autant se rapprocher réellement de sa réalisation. Les dernières études ont permis de réduire d’environ 30 % le coût estimé du projet, mais plusieurs questions financières, techniques et politiques restent encore sans réponse.

La future « Colmarbahn » doit relier Freiburg à Colmar en passant par Breisach et Neuf-Brisach. Cette liaison transfrontalière est interrompue depuis 1945, notamment en raison de la destruction du pont ferroviaire sur le Rhin à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Depuis 2019, le dossier est suivi par un comité de pilotage franco-allemand, appelé COPIL, placé sous la responsabilité de la Région Grand Est et du ministère des Transports du Bade-Wurtemberg.
Une facture réduite de près d’un tiers
Lors de la dernière réunion du comité de pilotage, organisée au début du mois de juillet 2026, la SNCF a présenté les conclusions d’une nouvelle étude économique. L’objectif était d’identifier les possibilités de réduire le coût global de la ligne.
Les précédentes estimations faisaient état d’un investissement compris entre 980 millions et 1,15 milliard d’euros, en tenant compte de l’évolution prévisible des prix jusqu’en 2040.
Grâce aux modifications étudiées du côté français, le coût total pourrait désormais être ramené à une fourchette comprise entre 650 et 840 millions d’euros.
Cette diminution améliore la rentabilité économique de la partie française du projet, même si son indicateur coûts-bénéfices reste négatif. Du côté allemand, une précédente étude de la Deutsche Bahn avait au contraire conclu à un bilan économique positif.
Pas de caténaires sur la partie française
La principale économie envisagée repose sur l’abandon de l’électrification classique de la ligne en Alsace. Au lieu d’installer des caténaires sur tout le parcours, les trains pourraient circuler grâce à des batteries sur les sections françaises non électrifiées.
Ce type de train est déjà utilisé dans le réseau régional autour d’Offenburg. L’association Trans Rhin Rail, qui milite depuis plusieurs années pour le retour de la liaison Freiburg–Colmar, avait elle aussi proposé cette solution.
D’autres modifications permettraient de limiter les dépenses : réduction des portions à double voie, suppression de certains passages à niveau et abandon de deux arrêts initialement envisagés.
Les haltes de Colmar-Sud et de Vogelgrun–Île du Rhin ne figureraient ainsi plus dans le projet. Les trains desserviraient toujours Volgelsheim, Neuf-Brisach, Wolfgantzen, Sundhoffen-Andolsheim et Colmar.
Un trajet Freiburg–Colmar en 42 minutes
La suppression de deux arrêts et l’augmentation de la vitesse permettraient également de réduire la durée du trajet.
Le voyage entre Freiburg et Colmar pourrait être effectué en environ 42 minutes, contre 46 minutes dans les précédentes études.
Les estimations évoquent environ 1 950 voyageurs sur la partie allemande et 750 sur la partie française, auxquels viendraient s’ajouter les passagers utilisant uniquement une portion nationale de la ligne.
Des coûts réduits, mais toujours difficiles à financer
Malgré ces économies, aucune décision concrète n’a encore été prise. Les partenaires français et allemands doivent désormais revoir ensemble les dimensions du projet, dans un contexte marqué par des finances publiques particulièrement tendues.
Une nouvelle réunion du comité de pilotage doit avoir lieu avant la fin de l’année 2026 afin d’examiner différentes options considérées comme réalistes. Aucune date précise n’a toutefois encore été annoncée.
Parmi les solutions évoquées figure le prolongement du réseau de S-Bahn allemand jusqu’en France. Une autre possibilité serait de mettre en place une liaison nécessitant un changement de train à Breisach.
Cette dernière option serait moins confortable pour les voyageurs, mais aussi nettement moins coûteuse qu’une liaison directe entre Freiburg et Colmar.
Trans Rhin Rail propose une solution intermédiaire
L’association Trans Rhin Rail se dit déçue par les nouveaux retards. Elle continue de défendre l’utilisation de trains légers sur la partie française de la ligne.
Selon ses estimations, la réouverture de la section entre Breisach et Colmar avec ce type de matériel pourrait coûter environ 200 millions d’euros. Cette solution ne serait pas nécessairement définitive, mais elle permettrait de rétablir plus rapidement une liaison ferroviaire interrompue depuis plus de 80 ans.
L’association propose dans un premier temps d’intégrer la section Colmar–Volgelsheim à un programme d’expérimentation de trains légers. Un service pilote pourrait alors être mis en place dans un délai d’un à deux ans après l’installation des infrastructures nécessaires.
Trans Rhin Rail suggère également de prolonger ultérieurement cette liaison depuis Volgelsheim jusqu’au port rhénan situé près de Marckolsheim.
Une liaison stratégique pour la région transfrontalière
La réouverture de la Colmarbahn est considérée comme un projet important pour les déplacements entre le sud du Bade-Wurtemberg et l’Alsace. Elle offrirait une alternative à la voiture, faciliterait les trajets professionnels et touristiques et améliorerait les connexions ferroviaires entre Freiburg, Breisach, Neuf-Brisach et Colmar.
Mais malgré une baisse significative des coûts, le financement du franchissement du Rhin et la coordination entre les différents partenaires restent les principales difficultés.
La Colmarbahn est donc devenue moins chère sur le papier. Pour les voyageurs, elle demeure cependant encore très éloignée des rails.









