Microsoft : le gigantesque data center face au Markgräflerland se rapproche
Malgré près de 80 % d’avis défavorables lors de l’enquête publique, le projet de Microsoft à Petit-Landau et Hombourg vient d’obtenir un avis favorable du commissaire enquêteur. La décision finale doit encore être prise par le préfet du Haut-Rhin.

C’est probablement l’un des plus importants projets industriels actuellement envisagés à quelques kilomètres seulement de la frontière allemande.
Microsoft prévoit d’investir environ deux milliards d’euros pour construire un immense centre de données sur les communes alsaciennes de Petit-Landau et Hombourg, au bord du Rhin et directement face au sud du Markgräflerland.
Un projet de la taille d’une cinquantaine de terrains de football
Le site doit occuper environ 36 hectares. Trois grandes unités de centre de données sont prévues, accompagnées des infrastructures électriques, techniques et de sécurité nécessaires. Environ 40 % du site seraient consacrés aux espaces naturels et aux bassins paysagers, selon le dossier de l’enquête publique.
Les chiffres donnent une idée de la dimension du projet :
- ≈ 2 milliards d’euros d’investissement
- ≈ 36 hectares
- 3 grandes unités de data center
- jusqu’à 1,5 TWh d’électricité par an
- ≈ 5 000 m³ d’eau potable par an
- environ 200 emplois directs annoncés
- raccordement au réseau électrique par de nouvelles infrastructures à 225 000 volts.
La consommation électrique constitue précisément l’un des sujets les plus débattus. À pleine capacité, elle pourrait atteindre environ 1 500 GWh par an.
665 contributions… et une opposition massive
L’enquête publique s’est déroulée pendant 33 jours, du 1er juin au 3 juillet 2026. Elle concernait à la fois l’autorisation environnementale, les permis de construire, le raccordement électrique et la modification du plan local d’urbanisme de Petit-Landau.
Au total, 665 contributions ont été enregistrées.
Parmi elles, 535 étaient défavorables, soit environ 80 % des avis exprimés. Les critiques concernent principalement la consommation électrique, la disparition de terres agricoles, les conséquences environnementales, le bruit et plus généralement l’impact d'une installation industrielle de cette ampleur dans la plaine du Rhin.
Plusieurs associations environnementales, notamment Alsace Nature, demandent depuis plusieurs mois l’abandon du projet.
Le commissaire enquêteur donne pourtant son feu vert
Pierre Herzog, le commissaire enquêteur désigné pour examiner le dossier, considère que le bilan global entre avantages et inconvénients reste favorable.
Ses conclusions donnent ainsi un avis positif aux différentes composantes administratives nécessaires au projet.
Ce feu vert n’est toutefois pas une autorisation définitive.
Des réserves demeurent notamment concernant le bruit. Une étude acoustique devra être réalisée dans les mois suivant la mise en service et Microsoft devra prendre des mesures correctives si les valeurs constatées sont trop importantes.
Le Markgräflerland directement concerné
Pour les habitants de notre région, le dossier est loin d’être uniquement français.
Le centre de données se trouverait de l’autre côté du Rhin, face notamment au secteur de Bad Bellingen et Schliengen.
Les communes allemandes s’intéressent particulièrement à trois questions : le bruit, la sécurité et surtout la récupération de la gigantesque quantité de chaleur produite par les serveurs.
Bad Bellingen étudie notamment la possibilité d'utiliser cette chaleur fatale pour ses installations thermales. Des études doivent encore déterminer si cette solution est techniquement réalisable.
Prochaine étape : la décision du préfet
Le rapport du commissaire enquêteur constitue donc une étape décisive, mais son avis n’est juridiquement pas contraignant.
Selon les informations rapportées vendredi par la Badische Zeitung, la décision finale du préfet du Haut-Rhin, Emmanuel Aubry, est attendue en octobre 2026.
Le projet Microsoft entre ainsi dans une phase déterminante : entre retombées économiques et développement de l'intelligence artificielle d'un côté, consommation énergétique, terres agricoles et nuisances potentielles de l'autre, le débat autour du futur géant numérique du Rhin est loin d’être terminé.






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