Quatre incendies en six semaines : pourquoi le secteur Müllheim–Auggen–Neuenburg brûle-t-il autant ?
Quatre feux de végétation en seulement six semaines entre Auggen, Neuenburg et Müllheim. De quoi susciter des interrogations. La police écarte pourtant, à ce stade, l’hypothèse d’une série volontaire. En revanche, la sécheresse, les sols très secs et le vent rendent cette partie du Markgräflerland particulièrement vulnérable aux incendies.

Quatre incendies rapprochés
Depuis la fin du mois de juin, les pompiers du secteur sont intervenus à plusieurs reprises pour des incendies de champs ou de végétation.
Le premier important feu s’est déclaré fin juin entre Auggen et Richtberg. Environ sept hectares ont été touchés. Selon les conclusions de l’enquête, une presse à balles en fonctionnement serait à l’origine du départ de feu.
Quelques jours plus tard, début juillet, un nouvel incendie s’est déclaré entre Neuenburg et Steinenstadt, sur des terres appartenant également au secteur d’Auggen. Cette fois, une moissonneuse-batteuse aurait déclenché les flammes.
Un troisième feu est survenu début août à l’est de Neuenburg, sur une parcelle située sur le territoire de Müllheim. La police a évoqué des débris de verre combinés à l’ensoleillement comme cause possible. Cette explication reste toutefois discutée parmi les spécialistes, la capacité réelle de simples morceaux de verre à provoquer spontanément un incendie étant controversée.
Enfin, le 9 août, un petit bois situé à Auggen, à proximité de la Rheintalbahn, a pris feu. L’incendie avait entraîné une interruption temporaire de la circulation ferroviaire. La cause précise de ce dernier sinistre reste pour l’instant inconnue.
Pas de « série » selon la police
La succession rapide de ces incendies pouvait naturellement faire penser à un éventuel lien entre les différents événements.
La police ne retient cependant actuellement aucun élément permettant de parler d’une série volontaire ou de l’action d’un pyromane.
Les deux premiers incendies ont notamment été provoqués par deux machines agricoles différentes appartenant à deux exploitations distinctes. Les deux autres dossiers ne présentent, selon les enquêteurs, aucun point commun suffisant pour établir un lien.
Autre élément de contexte : durant la même période, 84 feux de végétation ont été recensés dans l’ensemble du secteur couvert par le Polizeipräsidium Freiburg.
La concentration de quatre incendies autour de Müllheim, Auggen et Neuenburg serait donc, selon la police, avant tout une coïncidence.
Un territoire particulièrement sec
Mais cette multiplication des incendies met aussi en évidence une caractéristique du paysage local.
La zone située entre Müllheim, Auggen et Neuenburg repose en partie sur des sols dits de la Hardt : des terrains pauvres, très graveleux et capables de devenir extrêmement secs pendant l’été.
Dans certains secteurs, la nappe phréatique se situe à environ 20 mètres sous la surface.
L’agriculture locale est donc adaptée à ces conditions. On y trouve notamment beaucoup de céréales et de colza, des cultures capables de passer l’hiver et de garantir une récolte malgré des conditions difficiles.
Mais en plein été, une fois desséchées, ces plantes deviennent également un combustible particulièrement efficace.
Le vent peut faire basculer la situation en quelques minutes
Autre facteur aggravant : le paysage relativement ouvert de la Hardt.
Les champs y sont davantage exposés au vent. Lorsqu’un départ de feu se produit dans une végétation très sèche, les flammes peuvent alors progresser rapidement.
C’est précisément ce qui rend les feux de champs particulièrement dangereux : un incendie qui semble limité au départ peut changer de direction ou gagner plusieurs centaines de mètres sous l’effet d’une rafale.
Pour les pompiers, la priorité consiste donc souvent à intervenir très rapidement afin d’empêcher le feu de rejoindre une route, une voie ferrée, une exploitation agricole ou une zone habitée.
Une vigilance qui devrait rester élevée
Les quatre incendies enregistrés depuis la fin juin ne semblent donc pas avoir une origine commune.
Mais ils montrent que le Markgräflerland est loin d’être épargné par le risque d’incendie de végétation.
Avec des sols secs, des cultures arrivées à maturité, des périodes prolongées sans pluie et parfois du vent, certaines zones situées autour de Müllheim, Auggen et Neuenburg peuvent devenir particulièrement sensibles.
La situation rappelle également qu’un feu de végétation n’a pas forcément besoin d’une imprudence spectaculaire pour démarrer : une machine agricole surchauffée, une étincelle ou un incident mécanique peuvent suffire lorsque les conditions sont réunies.









