Notre enquête : Les derniers champs de tabac du Breisgau
Enquête entre Müllheim et Breisach, de Hartheim à Tunsel et Schmidhofen

Dans la plaine du Rhin, entre les coteaux viticoles de Müllheim et les environs de Breisach, certaines parcelles présentent encore, au cœur de l’été, un aspect presque tropical. De grandes feuilles vert clair se superposent sur des plants alignés avec une remarquable régularité. Ces cultures, parfois confondues avec de jeunes tournesols, sont bien des champs de tabac.
Le phénomène est aujourd’hui très localisé. Il ne s’agit pas d’une bande continue allant de Müllheim à Breisach, mais d’un petit bassin agricole concentré principalement autour de Hartheim am Rhein et de son village de Bremgarten, puis de Tunsel et Schmidhofen, rattachés à Bad Krozingen. Eschbach se trouve immédiatement au sud de cette zone, tandis que Breisach en constitue un repère géographique plus septentrional.
À l’heure où la production allemande de tabac s’est réduite à quelques dizaines d’exploitations, la permanence de cette culture dans le Breisgau mérite d’être étudiée. Elle témoigne à la fois d’un savoir-faire agricole ancien, d’une forte spécialisation technique et d’une profonde transformation des débouchés commerciaux.
Cette enquête documentaire cherche à répondre à plusieurs questions : où cultive-t-on encore du tabac dans le sud du Breisgau ? Quelles variétés sont vraisemblablement plantées ? Comment les feuilles sont-elles récoltées et séchées ? Et surtout, que devient aujourd’hui le tabac produit dans cette partie de la plaine du Rhin ?
Un petit territoire agricole aux contours précis
Le cœur de cette production se situe dans les terres planes comprises entre l’autoroute A5, Bad Krozingen et le Rhin.
Administrativement, Bremgarten appartient à la commune de Hartheim am Rhein, tout comme Feldkirch. Plus au nord-est, Schmidhofen est un hameau dépendant de Tunsel, lui-même rattaché à Bad Krozingen. Cette géographie explique pourquoi les champs aperçus depuis les routes d’Eschbach, de Bremgarten ou de Tunsel sont parfois attribués indistinctement à « Hartheim » ou à « Bad Krozingen ».
La présence contemporaine du tabac à Hartheim ne repose pas uniquement sur le souvenir des habitants. Des annuaires professionnels consultables en 2026 répertorient toujours, dans le secteur de Bremgarten, une activité explicitement déclarée comme agriculture et culture du tabac, ainsi qu’une autre exploitation associée à la transformation du tabac. Ces mentions ne permettent pas de connaître les surfaces réellement plantées chaque année, mais elles confirment la persistance locale de la filière.
Du côté de Bad Krozingen, un document de consultation régionale publié en 2025 évoque également l’utilisation d’une partie des terres agricoles communales et régionales pour le maïs semence et le tabac destiné aux mélanges pour chicha et à l’exportation. Il faut toutefois préciser qu’il s’agit d’une observation formulée dans le cadre d’une contribution à une procédure de planification, et non d’un recensement statistique exhaustif.
Le tabac paraît donc se maintenir dans un triangle agricole formé par Bremgarten–Hartheim, Tunsel–Schmidhofen et Bad Krozingen, avec des parcelles susceptibles de varier d’une année à l’autre en fonction des rotations culturales, des contrats et des décisions économiques des exploitants.
Combien d’hectares sont encore cultivés ?
C’est la question la plus difficile à trancher.
Au début du XXIᵉ siècle, les statistiques communales montraient encore une concentration exceptionnelle de la production autour de Hartheim et de Bad Krozingen. Mais aucune publication publique récente ne fournit, pour 2025 ou 2026, une ventilation précise des hectares de tabac commune par commune.
Cette absence de données détaillées s’explique notamment par l’évolution des méthodes statistiques. Jusqu’en 2024, le Bade-Wurtemberg interrogeait chaque année environ 10 000 exploitations dans le cadre de l’enquête principale sur l’utilisation des sols. Depuis 2025, les résultats sont davantage établis à partir de données administratives, notamment celles du système agricole intégré InVeKoS. Les chiffres disponibles sont ainsi fiables à une échelle globale, mais ne donnent pas toujours accès aux cultures très minoritaires à l’échelle d’un village.
Il serait donc imprudent d’annoncer un nombre précis d’hectares actuels pour Hartheim, Bremgarten ou Tunsel.
Une chose est néanmoins certaine : le tabac est devenu une culture extrêmement minoritaire à l’échelle allemande. En 2025, environ 80 exploitations allemandes auraient cultivé près de 1 300 hectares, pour une récolte évaluée à environ 3 500 tonnes. Les principaux bassins restent le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-Palatinat.
À titre de comparaison historique, l’Allemagne dépassait encore 30 000 hectares de tabac à la fin du XIXᵉ siècle. La production actuelle ne représente donc plus qu’une fraction de l’ancien paysage tabacole.
Pourquoi cette culture s’est-elle maintenue ici ?
Le maintien du tabac dans la plaine du Breisgau tient d’abord à des conditions naturelles favorables.
Le fossé du Rhin supérieur compte parmi les régions les plus chaudes d’Allemagne. Les étés y sont relativement longs, les périodes sans gel plus étendues qu’en altitude et les terres planes se prêtent à une agriculture fortement mécanisée. Ces caractéristiques ont également favorisé les cultures de maïs semence, d’asperges, de pommes de terre et de légumes.
Le tabac reste toutefois une plante exigeante. Il supporte mal le gel, nécessite une implantation soigneuse et demande une bonne gestion de l’alimentation en eau. Sa présence durable suppose donc non seulement un climat favorable, mais aussi des exploitations possédant les équipements, les bâtiments et l’expérience technique nécessaires.
La concentration des producteurs est également un avantage. Les connaissances circulent plus facilement, certains matériels peuvent être partagés ou utilisés par des prestataires, et les exploitants restent proches des structures de conseil et de commercialisation.
Le Bade-Wurtemberg représentait encore 41 % de la surface allemande de tabac en 2020. Même si cette proportion a pu évoluer, elle souligne le rôle toujours central du Land dans la filière nationale.
Une variété domine désormais : le Virginia séché à l’air chaud
Les anciens champs badois accueillaient différentes catégories de tabac. Les variétés sombres comme le Geudertheimer ou le Friedrichstaler alimentaient autrefois la fabrication de cigares. Le Burley, plus clair mais séché naturellement à l’air, occupa également une place importante.
La situation contemporaine est très différente.
La filière allemande encore active est aujourd’hui principalement orientée vers le Virginia flue-cured, c’est-à-dire un tabac Virginia séché artificiellement par circulation d’air chaud. La structure de commercialisation installée à Bad Krozingen, FCV German Leaf, se présente précisément comme un fournisseur de Virginia allemand séché selon cette méthode.
L’Erzeugergemeinschaft Deutschland-Tabak décrit de son côté un produit de couleur jaune clair, présentant un taux de nicotine relativement bas et une forte teneur en sucres. Il est commercialisé sous forme de feuilles entières, de feuilles débarrassées de leur nervure centrale — les strips — ainsi que sous différentes formes issues du tri et de la préparation.
Les documents publics ne permettent toutefois pas d’identifier le cultivar exact planté sur chaque parcelle de Hartheim ou de Tunsel. Le terme « Virginia » désigne une grande famille commerciale et technologique, à l’intérieur de laquelle plusieurs sélections variétales peuvent être utilisées.
Il est donc plus rigoureux d’écrire que les cultures actuelles du secteur s’inscrivent vraisemblablement dans la filière du Virginia flue-cured, plutôt que d’attribuer une variété précise à chaque champ. Cette conclusion repose sur la spécialisation actuelle de la filière allemande, sur l’orientation de l’entreprise de Bad Krozingen et sur la mention récente d’un tabac destiné aux produits pour chicha dans les documents régionaux.
De la graine au champ
Le cycle commence bien avant l’apparition des grandes feuilles visibles depuis la route.
Les graines de tabac sont extrêmement petites. Les plants doivent donc d’abord être produits dans un environnement contrôlé, aujourd’hui généralement dans des plateaux ou des systèmes de pépinière spécialisés. Les jeunes plantes sont ensuite repiquées dans les champs lorsque le risque de gel devient suffisamment faible, habituellement au printemps.
Les planteuses mécaniques permettent de disposer les jeunes pieds à intervalles réguliers. Cette implantation très ordonnée donne aux parcelles de tabac leur apparence caractéristique.
Durant les semaines suivantes, les producteurs doivent assurer la maîtrise des adventices, surveiller les maladies, gérer l’irrigation lorsque les conditions l’imposent et contrôler le développement des plants.
Lorsque l’inflorescence apparaît, elle peut être supprimée. Cette opération, appelée écimage ou topping, limite la formation des fleurs et des graines afin que la plante concentre davantage ses ressources dans les feuilles. Les pousses secondaires apparaissant à l’aisselle des feuilles doivent également être contrôlées.
Cette succession d’interventions explique pourquoi le tabac reste une culture beaucoup plus exigeante en main-d’œuvre que les céréales. Selon les données du KTBL reprises par le secteur professionnel, le travail nécessaire se situe actuellement entre 370 et 420 heures par hectare, contre seulement quelques heures par hectare pour certaines grandes cultures céréalières fortement mécanisées.
Une récolte effectuée par étages
Toutes les feuilles d’un plant de tabac ne mûrissent pas au même moment.
La maturation commence généralement par les feuilles situées dans la partie inférieure du pied, puis progresse vers le sommet. Cette particularité oblige à récolter la même parcelle à plusieurs reprises.
Pour le Virginia, deux ou trois feuilles peuvent être prélevées à chaque passage. Une campagne de récolte peut ainsi nécessiter sept à neuf passages successifs, espacés selon la maturité des différents étages foliaires.
Les feuilles inférieures, médianes et supérieures ne possèdent pas exactement les mêmes caractéristiques. Leur épaisseur, leur couleur, leur composition et leur teneur en nicotine peuvent varier. Leur position sur la plante devient donc un critère de classement.
La mécanisation a réduit une partie du travail manuel, mais la récolte demeure délicate. Les feuilles ne doivent pas être inutilement déchirées ou écrasées, car les dommages réduisent leur valeur commerciale.
Cette période s’étend principalement durant l’été et le début de l’automne. C’est alors que les champs changent progressivement d’aspect : les parties inférieures des plants se dégarnissent, tandis que les feuilles supérieures restent encore vertes.
Les anciens séchoirs ne racontent plus toute l’histoire
Dans les régions traditionnellement productrices, le tabac est souvent associé aux grands séchoirs en bois, les Tabakschuppen ou Tabakschöpfe.
Ces bâtiments possédaient des façades ajourées ou des panneaux mobiles permettant de régler la circulation naturelle de l’air. Les feuilles y étaient suspendues pendant plusieurs semaines. Ils correspondaient particulièrement au séchage naturel des tabacs sombres ou du Burley.
Certains de ces bâtiments subsistent encore dans le paysage badois. Ils constituent un patrimoine architectural précieux, mais ils ne reflètent plus nécessairement la technique utilisée pour les plantations actuelles.
Le Virginia contemporain est en effet principalement séché dans des installations fermées où circule de l’air chauffé. Le terme anglais flue-cured renvoie historiquement à un système dans lequel la chaleur est transmise sans que les feuilles soient directement exposées aux fumées de combustion.
Cette méthode permet de contrôler successivement le jaunissement, la dessiccation de la feuille et le séchage des nervures. Elle est beaucoup plus rapide que le séchage naturel et contribue à produire la couleur jaune citron caractéristique du Virginia allemand.
Les installations modernes ressemblent davantage à de grandes chambres isolées ou à des conteneurs techniques qu’aux anciens séchoirs de bois. Des ventilateurs y font circuler l’air chaud à travers les feuilles chargées sur des cadres ou dans des caissons.
Le processus demande une surveillance précise de la température, de l’humidité et de la circulation de l’air. Une montée en température trop rapide peut bloquer la couleur ou dessécher l’extérieur de la feuille avant sa partie centrale. À l’inverse, un séchage insuffisant favorise les défauts et les risques de dégradation.
Le coût énergétique de cette opération constitue logiquement un facteur économique majeur. Cette remarque découle directement de la dépendance du Virginia à une production contrôlée d’air chaud, même si les dépenses détaillées des exploitations locales ne sont pas publiées.
Du séchage au classement
Après le séchage, la feuille n’est pas encore un produit fini.
Elle doit retrouver une souplesse suffisante pour être manipulée sans se briser. Les lots sont ensuite examinés, triés et classés selon plusieurs critères : position de la feuille sur la plante, couleur, maturité, homogénéité, structure, défauts éventuels et qualité du séchage.
Les feuilles peuvent être commercialisées entières sous la désignation loose leaves. Elles peuvent également être transformées en strips, après retrait d’une grande partie de la nervure centrale. Les nervures, fragments et petites particules constituent des sous-produits valorisables dans certaines préparations.
Le tabac provenant de plusieurs exploitations ou régions peut ensuite être assemblé afin d’obtenir une matière première régulière. FCV German Leaf indique que ses fournisseurs cultivent dans différentes régions allemandes et que cette répartition géographique lui permet de constituer des mélanges présentant des caractéristiques relativement constantes.
Cela signifie qu’une feuille produite dans le Breisgau ne conserve pas nécessairement une identité régionale jusqu’au produit final. Elle peut être intégrée à un lot plus vaste, associé à des feuilles provenant de l’Ortenau, de Rhénanie-Palatinat ou d’autres secteurs producteurs.
Bad Krozingen, un maillon commercial essentiel
La présence de FCV German Leaf à Bad Krozingen donne à ce petit bassin agricole une importance qui dépasse largement ses propres surfaces cultivées.
L’entreprise est installée Im Bergfeld, à Bad Krozingen. Elle commercialise du Virginia allemand sous forme de feuilles entières, de strips et de sous-produits. Elle indique approvisionner une clientèle internationale, notamment pour la fabrication de tabac à chicha.
Cette proximité géographique ne permet cependant pas d’affirmer que toutes les feuilles de Hartheim, Bremgarten ou Tunsel passent automatiquement par cette entreprise.
Aucun document public consulté n’établit la traçabilité complète d’une parcelle précise jusqu’à son acheteur final. Les contrats commerciaux entre producteurs et structures de collecte ne sont généralement pas publics.
On peut néanmoins constater que Bad Krozingen accueille un acteur directement spécialisé dans le type de tabac qui domine aujourd’hui la production allemande. La ville constitue donc un centre commercial et logistique important pour la filière, même si son approvisionnement dépasse certainement les limites du Breisgau.
De la cigarette à la chicha : un débouché complètement transformé
Autrefois, la production allemande alimentait surtout les manufactures de cigares et de cigarettes.
Aujourd’hui, le marché s’est profondément déplacé. D’après les informations du Bundesverband Deutscher Tabakpflanzer reprises en 2026, environ 90 % du tabac produit en Allemagne serait désormais destiné au tabac pour pipe à eau, contre seulement 10 % à la fabrication de cigarettes.
Cette évolution explique l’importance commerciale du Virginia clair.
FCV German Leaf met en avant sa couleur jaune, sa teneur relativement faible en nicotine, sa richesse en sucres et sa capacité à absorber les mélasses utilisées pour les préparations de tabac à chicha. L’entreprise commercialise ses produits sur les marchés internationaux et indique également que certains mélanges peuvent être employés comme matière de remplissage dans l’industrie de la cigarette.
Le parcours probable d’une feuille produite dans le sud du Breisgau peut donc être résumé ainsi :
production du plant → repiquage → culture → récoltes successives → séchage à l’air chaud → tri → conditionnement → retrait éventuel des nervures → mélange → commercialisation en Allemagne ou à l’exportation.
Le produit agricole local est ainsi inséré dans une chaîne internationale. Les grandes feuilles aperçues à proximité de Bremgarten ou de Schmidhofen peuvent, après transformation, quitter entièrement la région et même l’Union européenne.
Une filière fragile malgré sa spécialisation
Le nombre très réduit de producteurs constitue à la fois une force et une faiblesse.
Les exploitations qui poursuivent cette activité possèdent une forte expérience, du matériel spécialisé et des débouchés organisés. Les producteurs sont regroupés au sein d’associations régionales et du Bundesverband Deutscher Tabakpflanzer, qui annonce environ cent exploitations membres et fournit notamment conseil technique et semences. Le Landesverband Baden-Württembergischer Tabakpflanzer est basé à Neuried-Altenheim, dans l’Ortenau.
Mais cette spécialisation implique également des investissements difficiles à reconvertir : équipements de récolte, séchoirs à air chaud, installations de manutention et expérience technique.
La disparition des soutiens européens autour de 2009-2010 a accéléré le retrait de nombreux agriculteurs. Depuis, seuls les producteurs capables d’atteindre un niveau de qualité élevé, de mécaniser suffisamment leur travail et de sécuriser leurs débouchés ont pu se maintenir.
La dépendance croissante au marché de la chicha représente un autre facteur d’incertitude. Des projets de renforcement de la réglementation européenne et internationale sur les produits du tabac ont suscité, en 2025, de fortes inquiétudes chez les producteurs allemands. Une limitation importante du tabac pour pipe à eau toucherait directement le principal débouché actuel de la récolte nationale.
Agriculture, patrimoine et santé publique
Étudier le tabac comme culture agricole ne signifie naturellement pas ignorer les conséquences sanitaires de sa consommation.
Le tabac demeure une matière première destinée à des produits provoquant dépendance et maladies graves. Les risques concernent notamment les voies respiratoires, les poumons et le système cardiovasculaire. La consommation par pipe à eau ne supprime pas ces dangers.
Mais l’histoire économique et agricole du tabac peut être examinée indépendamment de toute promotion de sa consommation.
Dans le Breisgau, cette culture raconte l’évolution des campagnes, la spécialisation progressive des exploitations, le passage des séchoirs traditionnels aux chambres thermiques et la transformation d’un marché autrefois régional en filière d’exportation.
Les champs qui subsistent entre Hartheim, Bremgarten, Tunsel et Schmidhofen constituent ainsi les traces visibles d’une activité vieille de plusieurs siècles, mais profondément modernisée.
Les derniers champs ne sont pas seulement des survivances
Parler des « derniers champs de tabac » pourrait laisser croire à une activité figée dans le passé.
La réalité est plus complexe.
Les anciennes variétés et les vieux séchoirs ont largement disparu de la production courante. Le tabac cultivé aujourd’hui est lié à des techniques modernes, à une sélection variétale spécialisée, à des installations de séchage contrôlé et à des marchés internationaux.
Le secteur situé entre Müllheim et Breisach ne constitue plus un grand bassin tabacole comparable à l’Ortenau ou à la Südpfalz. Mais il conserve une continuité remarquable entre la culture agricole locale et une filière commerciale toujours active à Bad Krozingen.
Hartheim et Bremgarten représentent le noyau méridional le plus clairement identifiable. Tunsel et Schmidhofen prolongent ce paysage vers le nord-est. Eschbach se situe à sa porte sud, tandis que Breisach marque l’horizon septentrional de cette partie de la plaine.
Faute de statistiques communales récentes, il est impossible de dire exactement combien d’hectares seront encore plantés chaque année. Les rotations agricoles peuvent déplacer les cultures et les surfaces peuvent varier selon les contrats.
Mais le tabac n’a pas disparu.
Lorsque ses grandes feuilles vertes surgissent entre le maïs et les cultures maraîchères, elles témoignent d’une agriculture devenue rare, techniquement exigeante et presque invisible dans les statistiques générales.
Entre Müllheim et Breisach, les derniers champs de tabac du Breisgau ne sont donc pas uniquement les vestiges d’un monde ancien. Ils appartiennent encore à une filière contemporaine, tournée vers le Virginia séché à l’air chaud, les produits pour chicha et les marchés internationaux.
Note méthodologique
Cet article repose sur une enquête documentaire menée à partir des données agricoles disponibles, des sites des organisations professionnelles, de documents communaux et régionaux, ainsi que des informations publiées par les structures de commercialisation.
Aucune statistique publique identifiée ne fournit les surfaces exactes plantées en tabac en 2025 ou 2026 à Hartheim, Bremgarten, Tunsel ou Schmidhofen. Les mentions relatives aux cultures locales doivent donc être comprises comme la confirmation d’une activité encore présente, et non comme un inventaire exhaustif des producteurs ou des parcelles.









