À Eschbach, le musée du flipper où l’on a le droit — et même intérêt — de toucher à tout

Clyde Kusatu • 2 septembre 2026

À seulement neuf kilomètres environ de Müllheim à vol d’oiseau, Eschbach abrite un lieu que beaucoup d’habitants du Markgräflerland connaissent encore mal. Dans une ancienne salle transformée par des passionnés, près de soixante flippers et jeux d’arcade retracent plusieurs décennies de culture populaire. Ici, toutefois, les visiteurs ne sont pas condamnés à observer les machines derrière une vitrine : elles sont là pour être utilisées.

Il existe des musées où l’on chuchote, où l’on garde les mains dans les poches et où une ligne discrète au sol rappelle qu’il ne faut surtout pas s’approcher des collections. À Eschbach, le principe est presque inverse. Les appareils clignotent, sonnent, vibrent et attendent précisément que quelqu’un appuie sur les boutons.


Le Flipper- und Arcade Museum Eschbach se présente d’ailleurs lui-même comme un musée interactif. Sa collection réunit des flippers issus de six décennies ainsi que des jeux d’arcade, notamment des machines héritées de l’âge d’or des salles de jeux des années 1980. Le musée est porté par le Flipper- und Arcadeverein Eschbach e.V., une association de bénévoles qui assure aussi l’entretien et la restauration des appareils.


Pour les habitants de Müllheim, l’excursion est particulièrement proche : Eschbach se trouve à environ 9 kilomètres à vol d’oiseau, juste au nord de Heitersheim.


Une soixantaine de machines que l’on peut réellement utiliser

La collection actuelle rassemble autour de 60 flippers et jeux d’arcade, dont certains remontent aux années 1960. Lors de ses soirées publiques, le musée propose de jouer librement aux appareils en état de fonctionnement. La commune d’Eschbach décrivait encore en juin dernier une véritable « Reise durch Jahrzehnte voller Flippergeschichte », un voyage à travers plusieurs décennies d’histoire du flipper, depuis les anciennes machines jusqu’aux modèles beaucoup plus modernes.

Cette possibilité de jouer change évidemment complètement la visite. Les flippers cessent d’être seulement des objets anciens pour redevenir ce pour quoi ils ont été construits : des machines de divertissement.

C’est également ce qui rend le lieu étonnamment intergénérationnel. Les enfants découvrent souvent pour la première fois un jeu dans lequel tout repose sur une véritable bille métallique, des ressorts et des mécanismes physiques. Leurs parents ou grands-parents retrouvent parfois des machines semblables à celles qu’ils fréquentaient autrefois dans les cafés, les cinémas ou les salles de jeux.

L’association raconte ainsi recevoir aussi bien des groupes de jeunes que des seniors. Près de trente enfants de la Jugendgruppe Eschbach ont notamment visité le musée au printemps 2026, tandis que des rencontres ont également été organisées pour les personnes âgées de la région.

Le smartphone peut donc rester quelques instants dans la poche. Et lorsqu’une bille file malencontreusement entre les deux batteurs, aucune touche « retour » ne permet de réparer l’erreur.


Derrière les lumières, beaucoup de mécanique et de bénévolat

Le fonctionnement du musée repose largement sur un travail que le public voit moins : l’entretien permanent des appareils.

Une machine ayant quarante ou cinquante ans ne redémarre pas nécessairement après avoir simplement appuyé sur un interrupteur. Contacts électriques, lampes, caoutchoucs, cartes électroniques, mécanismes, boutons et plateaux réclament régulièrement des interventions.

L’association organise donc des Schraubertage, des journées au cours desquelles ses membres réparent, nettoient et règlent les appareils. Le site du musée indique qu’une partie importante du travail des bénévoles consiste justement à restaurer les machines et à partager leurs connaissances techniques.

La commune d’Eschbach souligne elle aussi cet aspect : après les soirées publiques, le travail reprend souvent avec le nettoyage et les réparations nécessaires pour maintenir en fonctionnement des appareils parfois âgés de plus d’un demi-siècle.

C’est peut-être là que le mot « musée » prend finalement tout son sens. Derrière le divertissement se trouve aussi la conservation d’un petit patrimoine technique, graphique et culturel qui aurait facilement pu disparaître avec la fermeture progressive des anciennes salles de jeux.


Un musée associatif plutôt qu’une attraction commerciale

Il faut toutefois savoir que le Flippermuseum d’Eschbach ne fonctionne pas comme un musée classique ouvert tous les jours.

Il est géré bénévolement et n’ouvre ses portes au public que lors de certaines soirées, généralement une ou deux fois par mois lorsque les disponibilités des membres le permettent. L’association avertit d’ailleurs que ces rendez-vous sont régulièrement complets et qu’une réservation préalable est indispensable.

Cette organisation explique aussi l’atmosphère particulière du lieu. Les visiteurs rencontrent directement des collectionneurs et des passionnés capables de raconter l’histoire d’une machine, d’expliquer son fonctionnement ou parfois de montrer ce qui se cache sous son plateau.

Le musée peut également être réservé pour des groupes, des sorties d’entreprise ou des anniversaires. Les appareils sont alors configurés en jeu libre, ce qui évite heureusement de devoir arriver avec une poche remplie de pièces de monnaie comme dans les années 1980.


Un second espace en préparation

L’année 2026 marque aussi une nouvelle étape dans le développement du musée.

Pendant la pause estivale, l’association travaille à l’aménagement d’une deuxième salle. Travaux de peinture, installation de câbles, nettoyage, manutention ou encore ponçage du sol figurent parmi les opérations annoncées par les bénévoles.

Cette extension devrait permettre de donner davantage de place à une collection qui s’est progressivement développée au fil des années.

Le musée a également amélioré son accessibilité. Le rez-de-chaussée est désormais accessible aux personnes à mobilité réduite et aux utilisateurs de fauteuil roulant grâce notamment au soutien d’Aktion Mensch. Les sanitaires, en revanche, ne sont pour l’instant pas encore accessibles aux fauteuils roulants, une précision utile avant une visite.


La prochaine soirée publique est annoncée le 19 septembre

Après sa pause estivale, le musée prévoit actuellement de rouvrir pour une nouvelle soirée :

Samedi 19 septembre 2026, de 17 h à 22 h.

L’association précise que cette date reste annoncée comme prévisionnelle et recommande donc de consulter son site avant de se déplacer. Une réservation par courriel est obligatoire et il faut attendre la confirmation du musée. Le paiement est demandé à l’avance.

La formule habituelle passe par une adhésion journalière de 15 euros par personne, qui donne ensuite accès aux appareils proposés en jeu libre. Les enfants de moins de 14 ans doivent être accompagnés.


Une curiosité locale qui mérite le détour

Le Flippermuseum n’a probablement ni la superficie ni les ambitions des grands musées techniques allemands. Ce n’est d’ailleurs pas ce qui fait son intérêt.

Son charme vient justement de cette collection construite et entretenue localement par des passionnés, dans laquelle plusieurs générations peuvent se retrouver autour des mêmes machines.

À quelques kilomètres seulement de Müllheim, voilà donc une sortie assez inhabituelle pour un samedi soir : traverser quelques décennies d’histoire du jeu, découvrir des mécanismes parfois étonnants et, surtout, constater qu’un musée peut parfaitement conserver le passé sans pour autant demander aux visiteurs de ne pas y toucher.


À Eschbach, c’est même plutôt le contraire.




📍 En pratique

Flipper- und Arcade Museum Eschbach
79427 Eschbach
À l’angle de
Rotlaubstraße et Im Kreuzleäcker, entre Toni’s Tenne et la Pizzeria Peperoncini.

Depuis Müllheim : environ 9 km à vol d’oiseau jusqu’à Eschbach.

Prochaine soirée annoncée : samedi 19 septembre 2026, de 17 h à 22 h.

Tarif annoncé : 15 € pour l’adhésion journalière.

Réservation obligatoire : flippermuseum@gmx.de — attendre impérativement la confirmation avant de se déplacer.

À savoir : le musée fonctionne grâce à des bénévoles et ses horaires ne sont donc pas permanents. Les soirées sont souvent complètes. 

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